Le génocide rwandais (partie 2)

 

Le soutien politique et diplomatique de la France au gouvernement génocidaire 

            L'implication de la France a d'abord revêtu la forme d'un soutien politico-diplomatique au gouvernement rwandais quand bien même à l'Elysée (François Mitterrand était Président de la République) et à Matignon (Alain Jupé était Premier Ministre, cohabitation oblige) on ne pouvait plus guère se douter que celui-ci était génocidaire. Au début des massacres faisant suite au crash de l'avion du Président Habyarimana, le gouvernement français, qui 3 ans auparavant avait décidé de conserver ses troupes au Rwanda pour aider le gouvernement d'Habyarimana dans la guerre qui l'opposait aux rebelles Tutsis, a décidé de retirer l'ensemble de ces troupes du Rwanda. Cette opération de retrait des troupes françaises en avril 1994 baptisée Amaryllis ne peut pas être considérée comme une non-ingérence dans le conflit rwandais ; il s'agit de quitter le territoire pour permettre aux milices et à l'armée rwandaise de perpétrer tranquillement un génocide dont la France avait bel et bien eu connaissance de la préparation. Celles et ceux qui ont vu le film Hôtel Rwanda se rappellent sans doute de cette scène au cours de laquelle la France évacue ses ressortissants et leurs chiens, laissant derrière tous ces Tutsis à la merci de leurs bourreaux. 

            Ce soutien politique s'est encore manifesté au bout des 3 mois de génocide, mais d'une façon tout à fait contraire à la première manifestation. En effet la France, s'étant au cours des trois mois découvert une âme sensible, a fait du lobbying à l'ONU qui a abouti le 22 juin 1994 à l'adoption de la résolution 929 qui a autorisé une intervention humanitaire française au Rwanda. De l'avis de nombreux spécialistes du Rwanda tels que les journalistes Chris McGreal et Patrick de Saint-Exupéry, l'Opération Turquoise, menée par la France, officiellement pour venir en aide aux victimes du génocide, a surtout permis la mise en place d'un corridor permettant aux soldats et milices Hutus de passer tranquillement, avec armes et bagages, de l'autre côté de la frontière, au Congo, sous protection militaire française. La France n'a décidément pas lâché ses alliés génocidaires. Parmi ceux qui ont bénéficié de ce stratagème, Human Rights Watch compte Théodore Bagosora, coordinateur présumé du génocide ainsi que Jean Baptiste Gatete, chef milicien. Le soutien diplomatique français est même allé au-delà de la simple période du génocide avec l'asile accordé aux leaders du régime Hutu sur le sol français. 

            On se serait réjoui que le soutien français ne se limitât qu'à un retrait  ou à du lobbying dans les couloirs de l'ONU. Mais ce serait sans compter avec l'appui militaire et logistique de l'armée française à ceux qui ont pensé et perpétré le génocide.

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