Lettre ouverte à l'intelligentsia africaine (suite)

La tentation de Saint Antoine. 1878. Domenico Morelli.

 

Huile sur toile

137 x 225 

Galérie nationale d'Art moderne.

Padoue Italie.  (A visiter)

Le chêne. Ascain. par SAJJNA

 

Aquarelle sur papier.

16 x 12

Collection privée JPQ

Bonzes par SAJJNA

 

Huile sur toile.

15 P

Collection privée  N.F.

Enfant au sein par SAJJNA

 

Huile sur toile

Collection privée N.F.

Seb. par SAJJNA

 

Huile sur toile

Collection privée N.Q.

Berger de Kham par SAJJNA

 

Huile sur toile

Collection privée N.Q.

Princesse Li par SAJJNA

 

Huile sur toile

20 F

Collection privée P.L.

 

Peut-être attendez-vous les prochaines promesses vaines du G8 ou encore l'aide conditionnée de l'Union européenne pour voir changer les choses. Ce serait oublier à quel point les gouvernants de ces pays sont profanes en ce qui concerne l'Afrique. L'exode massif des médecins ghanéens durant la décennie 1990 ne saura être substitué par une aide pécuniaire, aussi substantielle soit-elle. Non seulement le praticien local connaît mieux que quiconque les maladies spécifiquement contractées sur le continent, mais il est surtout le plus à même de nouer des relations de proximité avec ses patients, ce qui comme nous le savons, compte tant en médecine. Oui, une culture, une histoire et une langue communes sont irremplaçables dans la relation qui unie le docteur à son malade. Ce qui est vrai pour la médecine, l'est aussi en matière d'agriculture et, plus généralement, de développement : aucune évolution ne sera possible sans le concours de nos élites.

Alors prenez la parole, chers mandarins, haussez le ton et faîtes-vous entendre ! Ne voyez pas là un appel à la cacophonie, bien au contraire. Il me semble que la première mission de nos intellectuels sera de forger une identité africaine solide, défiant les frontières entre Etats et ethnies. Une identité multiple et métisse où le doma3 bambara et le chercheur égyptien travailleront de paire afin de contribuer à l'avancée de la connaissance en Afrique. Portons nos regards de l'autre côté de la Méditerranée et remarquons la ferveur avec laquelle on cherche à y démontrer que l'édifice de l'UE repose sur le socle commun qu'est « l'identité européenne ». Je pense que l'Union africaine continuera de vivoter péniblement tant qu'elle ne pourra pas s'appuyer sur une unique culture africaine plurielle, creuset des diverses civilisations du continent. Il en va de notre visibilité internationale. A mon sens, le « discours de Dakar » n'est que la bévue d'un démagogue n'ayant pas trouvé les mots pour susciter le consentement général. Mais ces mots, c'était à vous de les lui donner !

Après relecture des lignes qui précèdent, je m'aperçois que l'objet de cette lettre, que j'ai tenté de dissimuler jusqu'ici, apparaît tout de même en filigrane. Je comprends aussi qu'il ne vous aura pas échappé. Cessons donc les faux-semblants : c'est à la politique que je vous exhorte. Assez de snobisme, descendez de votre tour d'ivoire ! Sans aspiration au pouvoir, cet outil primordial en politique, les valeurs que vous cultivez n'auront aucune chance d'être répandues. Or, c'est justement d'elles dont nous avons besoin car ceux qui, aujourd'hui, tiennent les reines des Etats africains ne défendent plus aucune cause, et ce, depuis que s'est achevée la période post-coloniale. Détrônez donc ces vaniteux qui, à la manière des gouvernants occidentaux, convoitent le pouvoir pour ce qu'il a de clinquant. Sans cause, ils ne se sentent responsables de rien et pratiquent ce que Max Weber nomme « la politique de la puissance »4.

 Je vous demande, ni plus ni moins, d'être à la hauteur de cet humble chef d'Etat lettré pour qui le dialogue était un sacerdoce et l'avancée de l'Humanité un impératif absolu. Lui, qui malheureusement trop tôt nous quitta.

 

Je vous prie de croire, Monsieur, en l'assurance de ma haute considération. 

Tidiane LY

 

 

 

 

 

 

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