Recul de la démocratie en Afrique (suite)

 

Cette situation n'est surement pas une fatalité. J'avancerais trois raisons.
D'abord, l'histoire nous le prouve. Il y a eu, durant les années 90, des acquis démocratiques très positifs bien que fragiles en Afrique.
Actuellement il ya des pays en Afrique où la démocratie tend à s'installer durablement (Les élections présidentielles de 2009 au Ghana se sont passées dans un cadre de transparence total).
Il ne s'agit enfin pas d'une fatalité dans la mesure où le destin démocratique des africains est avant tout entre leurs mains. Les deux causes soulignées plus haut mettent l'accent sur la responsabilité des anciennes métropoles mais, à mon sens, cette responsabilité est hautement relative. En effet, je pense qu'il est nécessaire pour l'installation de la démocratie dans un pays que le peuple ait la conviction profonde que ce système lui est favorable.

C'est ce que j'appellerais la « conscience démocratique ». Cette condition est très difficile à remplir sur le continent africain compte tenu du fait que la démocratie n'est pas très ancrée dans les mœurs (cf. Passé coloniale...) et du fait que la population ne profite pas nécessairement du progrès économique (problème de corruption, de distribution des richesses, des choix économiques...). C'est pourquoi l'impulsion qui permet à cette conscience de se développer doit non seulement venir de la base (le peuple) mais aussi des classes dirigeantes. En effet les gouvernants par leurs actes doivent prouver leurs attachement aux valeurs démocratiques et faire bénéficier les populations de la croissance économique. Là est le problème en Afrique. Les chefs d'Etats s'accrochent au pourvoir et multiplient les actes non-démocratiques et les malversations financières aux dépens des populations. Ainsi aux yeux du peuple la vraie démocratie demeure quelque chose de fictif. Il se passe exactement le contraire au Ghana.

 A l'échelle des nations le risque est de voir émerger un climat de défiance exacerbé envers l'Etat qui ne ferait qu'aggraver les choses. En effet une population défiante vis-à-vis de l'Etat et étant dans une situation financière exsangue ne peut être que plus encline à adhérer aux discours démagogues qu'adoptent les putschistes. A l'échelle du continent un recul généralisé de la démocratie pourrait affecter d'autres pays par rayonnement. Ce qui engendrera chez les populations une forme de passivité en considérant les atteintes démocratiques comme étant une norme. On voit donc que le recul de la démocratie est un phénomène qui pourrait s'auto-alimenter.

Fatalité ? Non. Cependant le reflux de la démocratie pourrait s'affirmer comme étant une tendance forte, si les chefs d'Etats africains ne prennent pas les choses en main.

 Kevin NOUGOUA

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