Jerry Rawlings : Symbole d’une possible démocratie à l’africaine

 

             Bien souvent dans les articles précédents, s’est posée la question de la démocratie en Afrique. La démocratie telle qu’elle est pratiquée en Occident est-elle compatible avec les modes de vie des pays africains ? Lorsque l’on parle de démocratie, parle-t-on uniquement des principes qu’elle véhicule ou également de ses moyens d’expression ?

Pour ma part, je reste persuadé que, si le continent noir est bien évidemment prêt à faire siens les principes et valeurs de la démocratie, en revanche, l’expression occidentale de la démocratie (votes réguliers etc.) ne pourrait s’appliquer en Afrique du fait du manque de tradition démocratique de ses pays.

Pour éclaircir mon propos je m’appuierai sur une brève biographie de Jerry Rawlings, président du Ghana de 1981 à 2001. Je tenterai de montrer par son ascension et son exercice au pouvoir, que cet homme n’a pas toujours été un modèle de démocratie, ce qui n’a pas empêché aujourd’hui, le Ghana, d’être l’un des pays  d’Afrique les plus solides autant économiquement qu’institutionnellement.

 

                Jerry John Rawlings est né à Accra en 1947 d’une mère ghanéenne et d’un père écossais. Il se tourne très vite vers une carrière militaire et en 1969 entre dans l’armée de l’air ghanéenne dont il en deviendra Lieutenant d’aviation quelques années plus tard.

Dans les années 1970, le régime en place est un régime militaire corrompu. C’est pour lutter contre ce régime qui ne fait qu’appauvrir chaque jour la population, que Rawlings décide de fomenter un coup d’Etat en mai 1979. Ce coup d’Etat échoue et Rawlings est emprisonné pour mutinerie. Ses états de service lui confèrent un certain crédit qui lui permet d’être libéré très vite : moins d’un mois après. Dès sa libération, Rawlings n’a qu’une seule idée en tête : préparer un nouveau coup d’Etat. C’est ce qu’il réalise à la fin de l’année 1979. Cette fois-ci, le coup d’Etat est un franc succès.

Le lieutenant s’empresse alors de créer un Comité Insurrectionnel composé des cadres de l’armée qui l’aidèrent à réaliser ce coup d’Etat. Dans un souci d’éradiquer définitivement la corruption dans son pays, il fait fusiller 8 généraux dont 3 anciens chefs d’Etat. Seulement voilà : Rawlings souhaite une certaine stabilité politique et financière au Ghana sans pour autant chercher à prendre le pouvoir. C’est ainsi que durant l’année qui suivit, Rawlings s’attacha, en tant que chef du Comité Insurrectionnel, a ramener le calme au Ghana tout en préparant de nouvelles élections libres. Ces dernières ont lieu en juillet 1980 et virent l’arrivée au pouvoir de Hilla Limann dirigeant intègre du People National Party. Si les premiers mois de Limann s’avèrent satisfaisants, les problèmes de corruption remontent très vite à la surface, accompagnés de plus grandes inégalités économiques et sociales. Face à cette désillusion, Rawlings décide de mener son troisième coup d’Etat en un peu plus de deux ans. Son objectif est clair cette fois : prendre le pouvoir. Ce coup d’Etat a lieu le 31 décembre 1981. Il devient président.

 

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Commentaires (1)

1. Julien 06/02/2010

Le principale problème du Ghana (bien d'autres pays africains ont le même problème) réside dans ses richesses minières.

Elles attisent la convoitise de plusieurs pays, mais pas seulement ! Des individus propres ont également envie de s'enrichir, en extrayant du diamant, de l'or, du bois...
De là, il faudrait connaître la position de Jerry Rawlings devant ce problème.

Sur le continent sud-américain, de nombreux pays dont : la Bolivie, le Vénézula ou même Cuba contrôlent leurs productions. La Bolivie délivre son gaz aux entreprises étrangères et dicte ainsi ses propres règles.

Je ne dis pas que ce sont des modèles politiques à suivre, loin de là. Mais, le contrôle des richesses naturelles par l'Etat (du moins dans un premier temps) est nécessaire.

En occident, cela a été également fait, pour petit à petit, se diriger vers une libéralisation de l'économie. Dès lors, je ne pense pas que l'Etat a le besoin de n'être point démocratique.

Mais, pour en revenir au Ghana, l'erreur, je pense, vient du fait qu'il est contracté un prêt au FMI. En effet, il est aisé de se faire accorder un prêt par cette organisation. Mais, elle vous impose et dicte ses propres règles...

Et bien souvent, ses intérêts ont une grande connivence avec ceux des occidentaux.

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