Les Chefs d'Etat sont coupables !

 

Aujourd'hui, de nombreux pays africains sont plongés dans une instabilité politique durable voire, dans certains cas, rampante. C'est le cas de la Côte d'Ivoire, de la Mauritanie ou du Zimbabwe, pour ne citer que quelques exemples. De manière générale ces troubles se résument à des luttes de pouvoir dont sont à l'origine des tentatives de coups d'Etats ou un accaparement du pouvoir. Face à de telles situations des accords ont été signés sous l'égide d'acteurs supranationaux (ONU, UA) ou de médiateurs africains (Burkina Faso dans le cas de la Côte d'Ivoire).Pourtant les problèmes subsistent souvent. Je n'ai pas la prétention d'expliquer pourquoi les troubles politiques en Afrique ont tendances à s'éterniser, tellement les raisons sont multiples et complexes. Cependant je compte mettre en lumière le fait qu'une raison de la pérennité de certains troubles politiques en Afrique est la mauvaise foi des dirigeants eux même. Pour ce faire je m'appuierai sur 3 exemples ayant ponctué l'actualité de ces dernières semaines.

En Côte d'Ivoire, après la signature des accords de Ouagadougou en mars 2007 (qui devaient être l'ultime marche vers la paix) le statut quo est toujours de mise. En effet Laurent Gbagbo (au pouvoir depuis octobre 2000) ne cesse de repousser la date des élections. Le 12 février 2010 il a dissout le gouvernement et l'organisme chargé d'organiser les élections présidentielles. Cela a plongé le pays dans une nouvelle crise.

A Madagascar, après son coup d'Etat militaire Andry Rajoelina a signé les accords de Maputo (mis en place par l'UA) en Août 2009.Ces derniers prévoyaient un partage du pouvoir. Toutefois en décembre 2009 il est sorti de ce cadre en limogeant le 1er ministre de consensus. L'UA l'a récemment exhorté a respecter les accords sous peine de sanctions.En vain.

En Guinée Conakry la junte de Dadis Moussa Camara a pris le pouvoir à la faveur d'un putsch consécutif à la mort de l'ancien président Lasana Conté. Dadis Camara avait alors promis d'organiser des élections libres et de ne pas briguer la présidence. L'actualité nous montre tout le contraire. D'ailleurs l'UA a déjà infligé des sanctions à la Guinée.

On pourrait multiplier les exemples mais là n'est pas le propos. Ce que j'essaie de souligner est le fait qu'un facteur interne tel que le rôle des dirigeants peut s'avérer être déterminant dans la durée des crises en Afrique. Rien ne sert de fustiger à outrance l'ancienne métropole (cf. Crise ivoirienne).Ainsi, il est déplorable que certains dirigeants africains veuillent combler leur désir de pouvoir au détriment du bien être de leurs peuples. Je pense sincèrement que ce qu'il manque à certains pays d'Afrique sont des « hommes au service de leurs peuples » (Je reprends ici la réflexion que Giovanni Djoussou a étayé dans un de ses articles).L'exemple du Ghana est éloquent. Jerry Rawlings en 1979 organisa des élections auxquelles il ne se présenta pas bien qu'il eût le pouvoir entre les mains après ses coups d'états. En un sens il a ainsi ouvert la voie à la stabilité politique qu'est celle du Ghana aujourd'hui.

Ce que j'ai essayé de montrer à travers cet article est la mauvaise foi de certains de nos dirigeants qui rejettent la toute responsabilité de certains maux africains sur des acteurs étrangers. Je ne remets pas en question la part de responsabilité des anciennes métropoles. Cependant si les dirigeants africains ne veulent pas résoudre les problèmes de leurs pays personne ne peut le faire. Vous l'aurez compris je pense qu'il est simplement impossible pour un pays d'avancer si les hommes au pouvoir ne le veulent pas.

 

Kevin NOUGOUA

 

 

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