Réflexion autour de la conférence de Sylvie Brunel : Les ONG et la mondialisation

 

Pour de nombreux observateurs du siècle dernier le XXIe siècle devait s'annoncer comme étant porteur d'espoir et d'humanisme. Or si l'on fait un rapide bilan malgré un rattrapage économique fulgurant de certains pays par rapport aux pôles européen et nord américain, le nombre de pays en marge ou souffrant d'une instabilité politique sociale ou militaire ne cesse de croître. C'est dans ce climat international que depuis une dizaine d'années s'accroît le rôle des ONG portées par des étendards aussi divers que GREEN PEACE, ATTAC, ou même Médecin Sans Frontières, qui œuvrent dans tous les domaines où semble-t-il le fossé inégalitaire s'élargit.

Mais aux delà de la façade médiatique, ces organisations, peuvent-elles vraiment représenter un contrepoids à  la dynamique mondiale ou au contraire ne servent-elles pas insidieusement un intérêt moral propre à la pensée occidentale ?

Quel est aujourd'hui  le rôle des ONG? Évidemment les organisations humanitaires aident les populations les plus et celles qui s'occupent des questions économiques ou des problèmes de développement contribuent au progrès social. Mais  aujourd'hui, elles jouent essentiellement un rôle médiatique et même de médiateur. En effet on remarque que l'importance d'une ONG ne se caractérise pas nécessairement par son rôle sur le terrain -parce que celui-ci peut s'avérer difficile ou même illégal (cas de l’ARCHE DE ZOE) ou même trop onéreux pour être accompli dans sa mesure véritable. L’importance d’une ONG se mesure à son succès dans les médias. Ensuite, grâce au fait qu’elles soulèvent souvent des questions politiques, éthiques et morales elles s'inscrivent dans la vague d'information, de prévention et d'ouverture à d'autre horizons, d'autre problématiques.

Mais le propre d'une organisation humanitaire n'est-il pas d'aller sur le terrain? OUI, c'est sûr. Et même, les plus sérieuses s'y emploient. Mais de quelle manière ? Le but ici n'est pas de faire une critique exacerbée d'un mode d'aide international. Cependant l'explosion des mouvements altermondialistes et  humanitaires ne peut-elle pas constituer un danger pour ces mêmes mouvements tant au niveau des fondements idéologiques que dans l'application concrète des idéaux ? C'est vrai, d'une certaine manière il y a une mondialisation de ces organisations, elles s'inscrivent d’ailleurs dans le même schème que celui de l'entreprise internationale. Comme le note Sylvie Brunel dans sa conférence sur Les ONG et la Mondialisation le mouvement souffre de « l'illusion de l'action dans l'émotion  ». D'une certaine manière il semble qu’une nouvelle dépendance des pays sous développés par rapport à ces organisations se soit développée. Elle n’est peut-être pas manifeste dans les faits mais en tout cas dans le discours. Celui-ci s'intègre certes dans une problématique réelle mais c’est surtout un devoir proprement occidental à l'égard d'un monde qui semble être infantilisé dépendant en toute situation de l'aide humanitaire européenne ou américaine. Certes un tel besoin est évident mais il souffre de cette  récupération politique et économique. L'Afrique accuse un retard de développement mais ce n'est pas uniquement par l'action ponctuelle d'une organisation que celui-ci se comblera. Le danger ici serait que certaines actions répondent à un acte de repentance comme le font de nombreuses entreprises par leur financement, et non pas a une volonté intrinsèque de développement.

Ainsi quelle serait la solution pour les laissés-pour-compte de la dynamique mondiale? L'action des ONG au niveau continental et régional peut-elle vraiment servir les intérêts des plus démunis? Ces organisations sont d'une certaine manière la morphine des plus pauvres, un masque en cellophane  qui apaise la douleur mais qui ne soigne pas des causes. Alors, peut-on vraiment reprocher aux ONG leurs actions d'ingérence? Faut ils un plus grands engagement de celles-ci dans des zones à risque qui malgré tout relèvent d'une souveraineté étatique ou doivent-elles laisser place à d'autres types d'aides  comme les coopérations internationales pour le développement quelles qu'elles soient? Néanmoins à l'aube du XXIe siècle leur rôle reste fondamental même s’il est parfois dénaturé car il répond avant tout à une nécessité.

M.L.

 

Commentaires (2)

1. Fred (site web) 22/05/2009

Je viens d'écouter une entrevue avec Silvie Brunel. Ses propos sont confus et antropocentriques. Elle définit la nature comme produit de l'homme. Elle nie un écosysteme planetaire indépendant et superieur à l'homme. Peut-etre elle est compétente en geographie, mais elle devrait s'abstenir de tenir des propos qui sont de nature ideologique et affirmant la suprémacie de l'homme sur toute la création. Cette vision manipulatrice nous à amené la crise économique et ecologique. Il nous faut de la humilité face à la nature, dont nous sommes seulement une partie, et en plus la plus dévastatrice.

2. Tidiane 02/01/2009

Médiatisation excessive ?

J'ai trouvé la partie sur l'importance des médias dans l'action des ONG vraiment intéressante. On ne se rend pas compte à quel point celles-ci sont tributaires de la presse. Quelques-unes perdent même de vue la cause qu'elles sont censées défendre pour que certains journaux leur ouvrent leurs colonnes.

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