La Chine-Afrique : entre nouvelle opportunité et nouvelle exploitation

 

Je me souviens, il y a huit ans environ, lors des affrontements liés à la guerre civile ivoirienne, une frange de la population, occupée à chasser les français, s'exclamait : « On veut les Américains ! ». Il y a quelques semaines, au moment des obsèques de Bongo au Gabon, certains opposants à la France-Afrique criaient « On veut les Chinois ». Changement d'époque ?

Bien que je connaisse déjà le phénomène, mon stage dans le service économique de l'ambassade  de Côte d'Ivoire à Beijing m'a encore plus éclairé sur ce sujet : la Chine en Afrique. Aujourd'hui beaucoup d'entreprises chinoises sont implantées en Afrique et notamment Afrique de l'Ouest. Dans les nombreuses lettres d'entreprises chinoises que nous recevons tous les matins, beaucoup nous expliquent qu'elles aimeraient faire profiter la Côte-d'Ivoire de la croissance chinoise. Elles nous affirment également à quel point elles seraient fières de pouvoir contribuer au développement de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique en général. Ces entreprises sont de toutes sortes : petits, moyennes, grandes, et dans tous les domaines : l'électricité (beaucoup), le bâtiment, les services etc. Figurez-vous que certaines font même référence dans leur lettre à l'Histoire et plus précisément à celle de l'Afroasiatisme et son point d'orgue : Bandung où les principes de l'entraide entre deux continents étaient érigés.

A première vue, ces initiatives pourraient être louables. En effet, une telle coopération économique pourrait faire naître une sorte de développement mutuel par le biais de transfert de technologies, par les emplois créés sur place etc.

La réalité est bien différente de tout cela. Par exemple, une entreprise, quelle qu'elle soit, pour construire ses bâtiments, va faire appel à des travailleurs chinois. Pire encore, les entreprises de construction chinoises, font appel elles-mêmes à des travailleurs chinois pour construire des infrastructures ivoiriennes. Conséquences de tout cela : on observe bien un développement rapide des infrastructures en Afrique, mais avec une population toujours aussi pauvre. Cette politique des grands travaux entamée dans toute l'Afrique de l'Ouest depuis quelques années pourrait grandement servir au développement des pays concernés et l'amélioration du niveau de vie de leurs populations. Au lieu de cela, l'Afrique est une nouvelle fois en train de manquer le coche ! Par exemple, le développement actuel de la Côte d'Ivoire est un leurre : c'est un pays en permanente construction, et les infrastructures sont plus massives, plus impressionnantes, plus belles (après plusieurs années d'abandon de projets d'urbanisation). Mais face à cela, on a une population de plus en plus pauvre. C'est comme une jolie robe de mariée sans mariée à mettre à l'intérieur... ou une mariée très moche !

Le problème de la Chine avec l'Afrique est, je pense, le déséquilibre qu'il existe entre le pays et le continent en termes de croissance certes, mais également en terme de mœurs et cultures. Le responsable du service économique de l'ambassade m'expliquait que si les Chinois font appel à leurs ouvriers c'est avant tout pour la docilité de ces derniers. Par exemple, les travailleurs chinois en Côte-d'Ivoire sont tout à fait prêts à travailler de nuit. Les équipes se relaient de telle sorte que, les chantiers sont en branle 24h/24h ce qui permet de les terminer beaucoup plus vite. Un essai avait été effectué avec des travailleurs autochtones mais, ces-derniers ne voulant pas travailler au-delà de 19h, les dirigeants de ces entreprises s'en étaient remis à des ouvriers dont ils connaissaient le mode de fonctionnement : des ouvriers chinois. Peut-on le leur reprocher ? Bien sûr que non. On ne peut que constater ce décalage dans les méthodes qui provoque lui-même un recul des pays d'Afrique dans lesquels les entreprises chinoises se trouvent en grand nombre.

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Commentaires (12)

1. Chewa 14/11/2009

Je ne suis pas d'accord avec toi sur le cas du président Houphouët sur plusieurs plans.
Il est claire qu'il à réussi a gérer au mieux ce pays tout en étant le pion essentiel de le nébuleuse francafricaine qui aujourd'hui gangrène le continent dans sa partie francophone. Il a fait exister son pays au détriment des autres et on sait son implication dans la destabilisation du régime de Thomas Sankara.Si tu es partisan d'Houphouët là n'est pas mon problème je persiste et je signe qu'il est l'artisan de la francafrique avec Jacques Foccart, et si tu n'as pas assez d'informations à ce sujet je pourrais te conseiller de nombreuse s lectures sur le sujet.(l'association survie peux d'ailleurs t'aider à voir claire si tu le souhaites)
Tu dis au sujet de la dette que les montants n'ont pas encore été payé! là tu te trompes! car l'Afrique a déjà payé 5 à 6 fois le montant de la dette initiale sur les intérêts de la dette!!!!
Les intérêts annuels de la dette payé par les pays d'Afrique sont supérieurs au montant de l'aide au développement!!
Tu peux vérifier!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

2. Giovanni 14/11/2009

Merci de le préciser pour moi Tidiane. Il est évident que lorsque je parlais d’un problème d’adaptation à la démocratie je parlais de son mode de fonctionnement (modalités d’élections et fréquences des élections entre autres choses).
En revanche, en ce qui concerne les valeurs démocratiques, érigées par les Lumières en France ou les intellectuels en Allemagne et aux Etats-Unis à la même époque, elles sont et doivent rester, des valeurs universelles respectées et appliquées par tous.


Quant à ta remarque Chewa, je ne peux pas te laisser dire qu’Houphouët-Boigny faisait le jeu de la France. Et quand bien même s’eut été le cas, cela n’a pas grande importance car dans le même temps il a fait de la Côte-d’Ivoire un pays dynamique, puissant dans le domaine agricole, bref Houphouët à réussi tant bien que mal à faire exister ce pays parmi les grands de ce monde pendant près de 30 ans. Bien sûr il n’est pas tout blanc (sans mauvais jeu de mot !) et on peut lui faire bien des reproches à commencer par celui de ne pas avoir préparé sa succession -erreur qui explique en partie la situation actuelle du pays- mais de manière générale il a très bien servi les intérêts de son peuple pendant ses années de présidence.


En revanche, je suis d’accord avec toi sur le fait que bien des freins extérieurs empêchent aujourd’hui l’Afrique de se développer, à commencer par la dette qui n’a pas été remboursée, contrairement à ce que tu dis, mais qui s’accumule d’année en année. La dépendance monétaire est également un grave handicap, tu as raison.

3. chewa 05/11/2009

Ne tergiversons pas sur l'amont ou l'aval du problème! Cependant, je crois que les vrais leaders africains qui voulaient de véritable indépendance ont tous été éliminés! Les quelques uns qui ont résisté ont été marginalisé dans le contexte de guerre froide surtout dans l'espace francophone. Ceux qui ont signé pour ces "indépendances" était pour la plupart des agents secrets français et se sentaient bien plus français que qu'africains! du genre Omar Bongo, Bokassa, Ahidjo,Houphoèt Boigny, et bien d'autres. Soyons plus exigent avec nous même si nous ne voulons pas répéter les erreurs du passée.
Bref, nous avons au delà des contrats mal ficelés deux problèmes qui s'imposent à nous de l'extérieur: la dépendance monétaire qui bride tout véritable dynamique d'industrialisation et de financement de projets locaux, et la dette que nous avons déjà remboursé cinq à six fois les montants initiaux.
C'est vrai que nous avons des problèmes de bonne gouvernance dans nos pays, mais j'affirme sans risque de me tromper que les véritables enjeux sont ailleurs!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Nous allons devoir nous battre pour libérer notre continent.

4. NOUGOUA.K 26/10/2009

Giovanni j'ai beaucoup apprécié ton article car il soulève de nombreux problèmes sur le retard de developpement de l'Afrique.

Dans ton dernier commentaire lorsque tu parles de "l’inadaptabilité de la démocratie occidentale au système africain" j'aimerais savoir ce que tu appelles "la démocratie occidentale" et le "système africain".

5. Tidiane 20/10/2009

Giovanni, tu parles de « l’inadaptabilité de la démocratie occidentale au système africain ».

Je veux évoquer une distinction que j’ai déjà développée ailleurs. S’il est vrai que l’Afrique peut rencontrer quelques difficultés à s'adapter aux institutions de la démocratie à l’occidentale, elle est parfaitement apte à intégrer les valeurs démocratiques de liberté, de justice et d’égalité.

6. Tidiane 20/10/2009

Je te rejoins entièrement sur la nécessité d’avoir une véritable stratégie concurrentielle. Il ne faut effectivement pas se « lier les poings » pour conserver un pouvoir de marché minimum. Reste la question : est-il vraiment possible de poser des contrats équilibrés lorsque l’on a affaire à un partenaire représentant une puissance économique pareille à celle de la Chine ?

Je pense qu’il ne s’agit pas seulement d’une affaire de négociation. Il me semble que la Chine pose ses conditions, et les cadres africains (qu’ils soient hommes politiques ou chefs d’entreprise) sont contraints soit de les accepter telles qu’elles, soit de faire une croix dessus. Je vois déjà venir tes objections. C’est vrai que l’Afrique présente une certaine importance stratégique (matières premières, poids relatif au sein de la communauté internationale) mais ne la surestimons pas.

Je pense qu’à l’échelle internationale, l’Afrique n’a pas beaucoup de chances de s’imposer économiquement, diplomatiquement. Il lui faut profiter de l’intérêt économique qu’elle présente pour générer un développement intrinsèque (infrastructures…) grâce aux entrées de capitaux.

Ne mettons pas la charrue avant les bœufs…

7. Giovanni 20/10/2009

Merci Chewa pour l’intérêt que vous portez à mon article et surtout pour les réflexions très pertinentes que vous ajoutez.

Vous avez vu juste lorsque vous parlez de l’inadaptabilité de la démocratie occidentale au système africain. Le mal remonte, selon moi, à la décolonisation. Les pays d’Afrique n’ayant pas de tradition démocratique, ont dû composer avec un système qu’ils ne maîtrisaient pas, ce qui peut, en partie, expliquer l’instabilité politique d’un bon nombre de pays du continent noir. Or, sans stabilité politique il ne peut y avoir de vision à long terme, de perspectives crédibles. Au final il ne peut y avoir de croissance sûre et durable. Cela dit, l’Afrique dans son ensemble a fait, en près de 50 ans, des progrès colossaux en terme de démocratie, quoiqu’on en dise, et son adaptation à ce système s’effectue bien plus rapidement que celle des pays d’Europe par exemple, qui ont mis plusieurs siècles pour faire leurs, les principes et valeurs de la démocratie. Au-delà de tout ceci je reste persuader que l’Afrique doit se trouver son propre système politique peut-être plus adapté à sa situation actuelle. Mais c’est un autre débat.

Je ne suis pas d’accord avec vous en revanche lorsque vous affirmez que les réels problèmes de l’Afrique se situent en aval et non en amont des politiques stratégiques des dirigeants africains. J’éclaire mon propos : la France-Afrique a réussi à perdurer dans le temps car nos dirigeants de l’époque, pressés d’accéder à l’indépendance –on peut les comprendre- ont accepté des compromis économiques aberrants qui ont toujours cours aujourd’hui. Pour exemple, mon maître de stage, Comptable et adjoint au Responsable du service économique de l’Ambassade de Côte-d’Ivoire en Chine, m’expliquait que la SO TRA (équivalent de la SNCF en Côte-d’Ivoire, à quelques choses près), était, encore aujourd’hui obligée d’acheter des bus français , neuf à dix fois plus chers que les bus que proposent d’autres pays –notamment la Chine- à cause d’accords conclus lors de l’indépendance du pays. Ce type d’erreurs, la Côte-d’Ivoire est en train de le reproduire puisqu’elle a signé un contrat lui garantissant 5 milliards venus de la Chine, mais qui l’oblige dans le même temps à ne commercer qu’avec la Chine dans certains secteurs. Or, pour que la Côte-d’Ivoire et l’Afrique dans son ensemble s’en sorte il faut appliquer les principes du capitalisme à fond, à commencer par pouvoir appliquer la logique de concurrence par l’appel d’offres, sans que cela ne soit entravé ou limité par des contrats liant l’Afrique pieds et poings pour des années avec un seul pays. Le problème se situe donc, d’après moi, bien en amont.

8. Giovanni 19/10/2009

Walt Whitman Rostow est un économiste américain qui a établi une conception « évolutionniste » du développement économique. Dans son ouvrage Les étapes de la croissance économique (1960) il émet l’hypothèse selon laquelle tous les Etats connaissent le même développement mais à des périodes distinctes. Ce développement économique s’effectue en 5 étapes :

1- La Société traditionnelle : elle ne vit que de l’exploitation de la terre. L’agriculture est donc le seul secteur existant. Cette société vit la plupart du temps en autarcie et fonctionne de manière très hiérarchisée.

2- Les conditions préalables au décollage : Apparition de la mécanique dans l’agriculture. Cette dernière n’est donc plus extensive mais intensive. C’est à ce stade que la croissance économique dépasse la croissance démographique.

3- Le Take-off ou décollage : Début des investissements massifs dans le secteur industriel. La société devient moins hiérarchisée. Boom économique et croissance fulgurante. (Chine actuelle, dans un certains sens)

4- La maturité : La société connaît un développement dans les trois secteurs d’activité avec une impulsion particulière sur les services. Les membres de la société ont assouvi leurs besoins primaires et développé un grand nombre de besoins secondaires qui nourrissent l’activité économique. Enfin, élément important, le politique se retire de l’économie (fin de la politique du « plan » (France des années 70-80)).

5- L’Ere de consommation de masse : La classe moyenne est la classe numériquement la plus importante de la société ce qui constitue un vivier important de consommateurs potentiels pour les entreprises. La très large majorité de la population est solvable. La consommation de biens secondaires devient une activité courante et fait ainsi partie intégrante du mode de vie.


Je suis tout à fait d’accord avec toi Agathe sur le fait que ce concept est beaucoup trop systématique et que Rostow ne laisse aucune place à une possible pluralité des voies d’accès au développement. Je ne mentionnais cette étude que pour mettre encore plus en relief le retard de l’Afrique. Cela étant dit, je partage tout à fait ton avis : l’Afrique peut et je dirais même se doit de trouver son type de développement propre. Elle doit se servir de son retard pour apprendre des erreurs des autres et surtout construire un système en adéquation avec ses valeurs.

9. Chewa 17/10/2009

Je souhaite d'abord félicité l'auteur du sujet pour l'effort de conceptualisation de la relation asymétrique entre la Chine et l'Afrique. Mais, je crois fondamentalement que si il est vrai que les problèmes que vous soulignez sont réels,malheureusement ces problèmes se situent en aval et non en amont des véritables fautes stratégiques des dirigeants africains et ivoirien dans ce cas particulier. Le problème avec la Chine n'est pas mineur,mais n'est que la manifestation d'un problème bien plus profond:

- Si l'on passe au peigne fin, les stratégies de développement dans l'ensemble des pays d'Afrique, cela saute au yeux qu'il n'y a pas de stratégie globale pertinente susceptible d'impulser un développement réelle. Toutes les politiques même dans les pays dits démocratiques d'Afrique anglophone toutes les politiques de développement accentuent la dépendance vis-à-vis des partenaires au développement.
La stratégie globale quand elle est élaborée permet d'utiliser les partenaires non pas pour construire les ponts et routes et hôpitaux que les pauvres n'utiliseront pas,mais comme les instruments de la réalisation de sa propre stratégie.

- Vous avez semblé regretté qu'il n'y ait pas de capitaine d'industrie en Afrique en générale, je tiens à vous dire que cela est véritablement due à l'absence de vision des dirigeants africains qui parfois dans certains pays pratiquent le tribalisme,le népotisme et autres maux qui gangrènent l'Afrique en profondeur. En plus des opportunités existent en côte d'ivoire et ailleurs,en effet nous produisons café,cacao,hévéa,pétrole,mines divers et malheureusement nous ne transformons rien et se sont les français qui créent des capitaines d'industrie avec nos produits,fautes une fois de plus de vision.
Certains feront l'objection selon laquelle nous n'avons pas les compétences indispensables. Je dirais soit,c'est là où la stratégie globale fait irruption sur la scène et affirme que:
LA mondialisation offre des opportunités nouvelles comme la possibilité de recruter que personne en Inde ou au Brésil et dans bien d'autres pays.De mettre en place un programme de reforme global du système éducatif qui jusqu'à présent ne répond pas au intérêts des africains en adaptant les formations au besoins de l'économie des pays. Formons moins de philosophes et beaucoup plus d'ingénieurs agricoles, d'informaticiens, d'économistes,des top managers, de médecins et autres métiers utiles pour nos pays.

- Nous sommes aussi dans des espaces potentiellement instables, du fait du leg de la colonisation qui en accentuant le fait ethnique a rendu la démocratie à l'occidentale inopérante dans le contexte africain actuel.Là,nous avons un problème que nous devons chercher à résoudre pour garantir la paix à long terme.(c'est pour moi l'un des problèmes le plus important).

- C'est tout à fait normal que les chinois cherche à profiter de nous, comme toi même semble le noter,c'est à nous de trouver sur quoi coopérer avec eux pour nos intérêts bien compris. La Chine a le terrain facile dans beaucoup de pays parce que dans la majorité des pays francophone beaucoup de dirigeants sont illégitimes et par conséquent ne défendent pas les intérêts de leur peuple.

Ils faut cesser de se plaindre et se prendre en charge!! Ce que beaucoup d'africains ignore surtout en Afrique francophone c'est qu'il faudra à coup sûr un nouvel effort colossal pour une seconde libération politique et économique:
Nos économies sont encore administrer économiquement par la France puisqu'elle contrôle la politique monétaire de la zone franc. En plus sur le plan politique elle se bat pour que à la tête de nos pays aucun dirigeant ne ne remette en cause cette politique. Pour financer nos PME, nous avons besoin de banques capable de financer les projets de nos porteurs de projets. Comment financer ou prendre des risques les projets si les banques meneur appartiennent à des opérateurs étrangers? Il n'y a rien de secret pour la France qui décide de dévaluer ou pas son franc cfa.
Arrêtons de critiquer la chine par mimétisme avec les occidentaux qui eux aussi nous pillent depuis bien plus longtemps!!!!

Nous devons travailler dur et mutualiser nos forces pour nous libérer de toutes les dominations d'où qu'elle proviennent et construire l'unité de l'Afrique, seul cadre de prospérité à long terme pour l'ensemble des africains de part le monde.

10. Tidiane 17/10/2009

Je salue la hardiesse de l’article, car s’atteler au sujet de la « Chine-Afrique » est ambitieux. Tout le monde en parle, mais tout bas.

Je suis tout à fait de ton avis lorsque tu évoques la responsabilité des dirigeants ivoiriens, car que ce soit d’un point de vue diplomatique (isolement de Taïwan et du Japon, confrontation géopolitique avec les Etats-Unis, …) ou économique (exploitation du pétrole angolais ou des minerais de cuivre en Zambie), la Chine a ses propres intérêts à défendre. Comment lui reprocher de faire peu de cas des intérêts des pays africains sachant qu'en économie, il y a une règle fondamentale : « avance ou disparaît ». C’est aux dirigeants africains d’en prendre conscience et d’en tirer les conséquences ad hoc.

Par contre, j’ai peur que l’article ne fasse passer la main d’œuvre africaine pour une engeance constituée de fainéants empotés. Je reconnais que ma formulation est provocante. Je m’explique : concernant sa qualification, je pense qu’elle est largement suffisante. Les métiers d’usine et de mine ne requièrent presque pas de formation. Quant au fait que le travailleur africain ne souhaite pas travailler plus d’un certain nombre d’heures, je crois que les chiffres du chômage parlent d’eux-mêmes :
- 4,2% pour la Chine
- Plus de 40% pour la Côte d’Ivoire.
La pression du chômage est telle que certains Africains travaillent de jour comme de nuit (nombre de pécheurs tanzaniens sont dans ce cas).
La principale raison pour laquelle les entreprises chinoises n’embauchent que très peu de main d’œuvre locale, c’est son coût trop élevé.

11. Tidiane 17/10/2009

Vidéo intéressante sur la question dans la rubrique Vidéos.

12. Julien 17/10/2009

Bienvenue à AfrikAkt.

Je tiens à te dire que j'aie bien apprécié ton témoignage dans cet article. Je dégage deux conséquences à ce que tu dis :
- premièrement, un recul et à terme la fin de la françafrique (ce qui apparaît à première vue une bonne chose). Ainsi, les relations Etat à Etat instaurées par la France se trouvent aujourd'hui totalement désuet.
-deuxièmement, on constate qu'aujourd'hui, les liens sont avant tout entrepreneurial. Mais, on constate que le rapport est toujours aussi déséquilibré. De surcroît, elle a tendance à s'aggraver, car les chinois exploitent sans qu'il y ait une contrepartie effective pour les ivoiriens.

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