La cherté de la vie en Afrique : le cas de la Côte d’Ivoire

La cherté de la vie en Afrique : le cas de la Côte d’Ivoire

 

Depuis la fin des trente glorieuses (1) qui ont vu la prospérité de l’économie mondiale après la seconde guerre mondiale, et ce, jusqu’aux crises pétrolières de 1973 et 1979, on n’aurait jamais imaginé qu’une crise alimentaire toucherait de nombreux pays à travers la planète. Cependant, on assiste aujourd’hui à une récession économique mondiale qui touche dans la grande majorité les pays africains. A cette situation préoccupante, s’ajoute la hausse des prix du baril de pétrole qui a eu pour conséquences plusieurs manifestations de rue dans les grandes capitales africaines : Abidjan ; Dakar ; Caire, Alger… C’est le cas de la Côte d'Ivoire qui retiendra particulièrement notre attention.

Un bref historique nous révèle que ce pays de l’Afrique subsaharienne a connu des périodes de croissance économique soutenue dans les années 1970/80 avec la commercialisation des produits d’exportation du café et du cacao, au point qu’on a parlé de « miracle économique » (2). A partir de 1983, la Côte d’Ivoire va connaître la chute brutale des cours des matières premières sur l’échiquier international, entrainant une crise financière sans précédent tout en l’obligeant à accepter un programme d’ajustement structurel (PAS)(3). Dans le même temps, l’ensemble des produits de première nécessité qui sont en majorité de l’ordre de l’importation, auxquels s’ajoutent les droits de douane sont aujourd’hui inaccessible à l’ensemble des Ivoiriens. Le lait, le sucre, le riz, la farine constituent désormais des produits de luxe.

Le début des années 2000, ne favorise guère cette situation de cherté de la vie avec la rébellion militaire qui intervient courant 2002. L’enlisement de cette crise fait oublier l’importance du « panier de la ménagère », favorise l’accentuation du taux de chômage qui atteint 38,8% (chiffre de 1996).
Cette problématique de la cherté de la vie pose celle du manque de politique volontariste de l’Etat en matière de promotion des produits vivriers et surtout la faiblesse de nos économies africaines trop longtemps favorable à l’aide financière étrangère.

La Côte d’ivoire dispose d’une situation géographique favorable avec un milieu naturel adéquat (façade maritime) et des conditions climatiques assez clémentes pour une redynamisation de son agriculture vivrière. L’histoire nous révèle l’implication des pouvoirs publics dans la gestion de la crise alimentaire.  On a ainsi pu observer, la politique menée par H. Boigny pour permettre l’autosuffisance alimentaire grâce au développement des centres de recherche pour une meilleure rentabilité des plants. C’est aussi pour faire face à cette crise que l’Etat a offert du matériel agricole aux populations rurales. Aujourd’hui, la crise alimentaire mondiale doit interpeller tous les acteurs politiques africains pour une revalorisation commune du secteur agricole africain, gage du développement économique et enfin, la création des pôles de développement à l’image du NEPAD ne doit pas être l’occasion pour nos dirigeants de contrôler l’aide au développement consacré à l’éducation et à la lutte contre la pauvreté.

1 Terme employé pour la première fois par l’économiste français Jean Fourastié (1907-1990), auteur de : Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible, Paris, Fayard, 1979, 300 p.
2 Samir Amin, Le développement du capitalisme en Côte d’Ivoire, Paris, Ed. Minuit, 1967, 336p.
3 Le PAS a été imposé à la Côte d’Ivoire par les institutions de Brettons Wood notamment, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international.
4 Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) est une vision et un cadre stratégique pour la Renaissance de l'Afrique, initié par le président Sénégalais Wade qui rencontre des difficultés dans le progrès de son action compte tenu du manque de moyens financiers.

Ange GOUE

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